A la limite de la folie

Publié le par L'attachée de presse

Cette nuit, avant de me coucher, j’ai regardé Le Couperet, très fortement conseillé par Gildas. Très fortement conseillé veut dire que depuis 15 jours, je subis un harcèlement sur le sujet « Bon, t’as vu le Couperet ? Bon, t’attends quoi ? Ah, ça y est, il est téléchargé ? (c’est mal le téléchargement, au passage) Bon, tu le regardes ce soir et je te demande demain ce que t’en as pensé ». Donc, sans pression aucune, j’ai regardé. Et bon, j’avoue que j’ai aimé.

 

Quand on préparait le dossier de presse, Gildas m’expliquait qu’il voulait une ambiance entre le silence des agneaux et le Couperet. Et c’est vrai que moi, j’ai vu une certaine similitude entre Bruno (joué par le très bon José Garcia, tellement meilleur dans la sobriété) et Modo. En regardant le Couperet ou en lisant le scénar’ de Modo, je me demande ce qui pousse ces personnes à priori normales de basculer ainsi dans le crime. Non parce que quand je regarde le Couperet et le manque de précaution que prend Bruno dans ses crimes (vas-y que je flingue un mec en pleine rue d’une zone résidentielle), je suis effarée. En tant que personne saine d’esprit ou à peu près, je me sens pas capable de commettre un crime car aucun crime n’est parfait, m’expliquent les films policiers depuis ma tendre enfance. Bon, outre le fait que je me sens pas capable d’attenter à la vie de qui que ce soit, je verrais tellement de choses qui pourraient me faire tomber que je pourrais pas.

 

C’est fascinant ces histoires, quand même. On a à la base soit un chômeur un peu désespéré (comme moi) ou une femme qui ne supporte plus les incivilités sur le web (comme moi aussi, tiens). Des gens que l’on croise potentiellement tous les jours. Alors qu’est-ce qui les pousse à franchir la limite ? Le désespoir, la solitude, la dépression… Mais ce qui est fantastique, c’est qu’ils n’ont plus conscience de leur propre vulnérabilité. Modo prend quand même le risque de publier ses « œuvres » sur le net ! Bon, elle se connecte à partir de connexions wifi mais quand même ! C’est ce qui en fait des personnages fascinants mais aussi inquiétants : ils ne sont pas violents à la base, ils le deviennent. Ils sont comme nous et, tout à coup, ils pètent littéralement un plomb et passent de l’autre côté.

 

Des fois, je me demande si quelque chose pourrait me faire dérailler aussi…Et vous ?

Publié dans Pensées

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matthieu 26/11/2006 22:49

j'avais beaucoup aimé le Couperet aussi, incroyable que Costa ai eu du mal à trouver un financement! Au passage c'est une adaptation de Donald Westlake (google est mon ami).

Fred 25/11/2006 06:27

Un film intéressant mais assez glauque dans le fond. Ce qui m'a étonné le plus : la performance de José Garcia. Dingue...
Un bon film mais une ambiance tellement malsaine. On ressent le poids des problèmes, de la culpabilité du personnage.
A voir...

Perso, je préfère "le silence des agneaux" qui reste une référence, avec "Se7en" pour l'ambiance.

L'attachée de presse 25/11/2006 16:50

Oui, j'ai été très étonnée par la performance de Garcia, aussi, je le préfère dans des rôles comme ça.C'est vrai que le film est très prenant, y a des moments où on se sent pris à la gorge, comme lui. Pour moi, c'est une vraie réussite, ce film.

together now 25/11/2006 00:27

Nul n\\\'est à l\\\'abri d\\\'un acte irréversible, je le pense , et malheureusement cela se vérifie tous les jours dans les journaux. qu\\\'en est-il du mec qui se flingue, après avoir éxécuté de façon atroce, ses 2 gosses en bas àge, et sa femme. Puis  l\\\'enquête journalistique, nous apprends, qu\\\'il était un père de famille exemplaire, très proche de ses enfants, qu\\\'il adorait sa femme, un job stable, une belle maison..... Le ou les déclencheurs surviennent :  jalousie justifiée ou non, problème de fric, licenciement et tant de possibles \\\'alibis\\\', mais qui ne doivent , en aucun cas justifier de supprimer une vie, même la sienne. Sur un autre plan, pareil pour la dépression nerveuse, la vraie,l\\\'incotrôlable. Personne n\\\'est à l\\\'abri de ce mal-être. La dépression, entrainne quelques fois , également l\\\'irréparable, à savoir;le meurtre des autres ou de soi. Le Couperet, de Costa-Gavras, je crois, pas vu, mais me souvient du thème. Bonnes critiques, mais accueil mitigé du public.
Nina, rêve de belles choses et nuit bonne. !!!
 
 

L'attachée de presse 25/11/2006 16:45

(mais comment tu te démerdes pour foutre en l'air la mise en page comme ça??)Effectivement, quand on voit qui est capable de péter les plombs comme ça, j'en ai malheureusement eu l'exemple dans mon très proche entourage... Mais le pire, c'est que c'est pas forcément un accès de folie, les mecs préparent leur plan et dans leur tête, ça leur paraît génial, infaillible alors que c'est tout simplement effroyable...Sinon, le Couperet, c'est bien de Costa-Gavras. Je comprends pas qu'il n'ait pas mieux marché, sans doute que le sujet est trop déprimant (chômage), je sais pas...