A la limite de la folie
Cette nuit, avant de me coucher, j’ai regardé Le Couperet, très fortement conseillé par Gildas. Très fortement conseillé veut dire que depuis 15 jours, je subis un harcèlement sur le sujet « Bon, t’as vu le Couperet ? Bon, t’attends quoi ? Ah, ça y est, il est téléchargé ? (c’est mal le téléchargement, au passage) Bon, tu le regardes ce soir et je te demande demain ce que t’en as pensé ». Donc, sans pression aucune, j’ai regardé. Et bon, j’avoue que j’ai aimé.
Quand on préparait le dossier de presse, Gildas m’expliquait qu’il voulait une ambiance entre le silence des agneaux et le Couperet. Et c’est vrai que moi, j’ai vu une certaine similitude entre Bruno (joué par le très bon José Garcia, tellement meilleur dans la sobriété) et Modo. En regardant le Couperet ou en lisant le scénar’ de Modo, je me demande ce qui pousse ces personnes à priori normales de basculer ainsi dans le crime. Non parce que quand je regarde le Couperet et le manque de précaution que prend Bruno dans ses crimes (vas-y que je flingue un mec en pleine rue d’une zone résidentielle), je suis effarée. En tant que personne saine d’esprit ou à peu près, je me sens pas capable de commettre un crime car aucun crime n’est parfait, m’expliquent les films policiers depuis ma tendre enfance. Bon, outre le fait que je me sens pas capable d’attenter à la vie de qui que ce soit, je verrais tellement de choses qui pourraient me faire tomber que je pourrais pas.
C’est fascinant ces histoires, quand même. On a à la base soit un chômeur un peu désespéré (comme moi) ou une femme qui ne supporte plus les incivilités sur le web (comme moi aussi, tiens). Des gens que l’on croise potentiellement tous les jours. Alors qu’est-ce qui les pousse à franchir la limite ? Le désespoir, la solitude, la dépression… Mais ce qui est fantastique, c’est qu’ils n’ont plus conscience de leur propre vulnérabilité. Modo prend quand même le risque de publier ses « œuvres » sur le net ! Bon, elle se connecte à partir de connexions wifi mais quand même ! C’est ce qui en fait des personnages fascinants mais aussi inquiétants : ils ne sont pas violents à la base, ils le deviennent. Ils sont comme nous et, tout à coup, ils pètent littéralement un plomb et passent de l’autre côté.
Des fois, je me demande si quelque chose pourrait me faire dérailler aussi…Et vous ?